Le débat public va donc s’ouvrir suite au vote de la loi dite « Grand Paris ». En réalité deux débats s’ouvrent, l’un sur le projet défendu par le Conseil régional d’Ile de France Arc Express, et l’autre celui défendu par le Secrétariat d’État dit « double boucle ».

Si le compromis intervenu au Sénat stipule que les deux débats sont concomitants, ils ne sont pas conjoints, et font l’objet de réunions spécifiques.
Le rôle du débat public est à la fois d’éclairer l’opinion et d’ouvrir les choix en tenant compte d’abord des élus locaux qui doivent pouvoir présenter leur projet de développement territorial. Cet objectif peut se révéler contradictoire avec la loi pour ce qui est du «Grand Huit» car celle-ci préempte le développement local. Or, aucune infrastructure ne se justifie intrinsèquement, si elle ne s’insère pas dans un projet local. Les élus doivent pouvoir exprimer leurs choix dans et par le débat public.

Un financement encore non avéré

A ce stade, malgré l’annonce du secrétaire d’Etat reprenant celle du précédent que le financement serait appuyé aux 4 milliards remboursés par la filière automobile, rien n’est assuré. Ce chiffre ne figure pas au dossier de débat public. Une lettre du secrétariat d’Etat à la CNDP ne suffira pas. Au moment où les constructeurs ont annoncé leur souhait de rembourser 2 milliards, il faudra attendre le choix d’affectation que proposera le gouvernement. Nous attendrons donc la loi de Finances pour 2011 ou un collectif budgétaire de fin d’année. En ces temps de disette budgétaire, l’argent public devient une ressource rare…
Le phasage des deux projets concurrents pourtant prôné par le groupe de travail Carrez s’est heurté à un refus obstiné du Gouvernement motivé par des considérations financières plus que techniques. Il faudra donc bien vérifier le choix d’infrastructure qui correspond à une forte densité de trafic et à un maillage complet. Or, les prévisions de trafic qu’avaient avancées Christian Blanc n’ont pas pu être vérifiées. C’est le rôle du débat public d’en arrêter les hypothèses
Densité et maillage déterminent l’offre de transports collectifs optimums, et le tracé devrait logiquement en découler. Place désormais aux réunions territoriales.