Le 5 mai, à Fontainebleau, se tiendra une table ronde du Président de la République sur la question des soins hospitaliers de proximité.

Très impliqués sur ce dossier, avec mes Collègues sénateurs Michel Billout (groupe CRC) et Yannick Bodin, nous ne participerons pas à cette table ronde et nous appelons la population à se mobiliser pour la défense du service public de santé.

Car loin des discours rassurants c’est bien le démantèlement de ce service public qui est à l’œuvre, particulièrement en Seine et Marne.

Nous rappelons que nous avons notamment lancé un appel d’élus en direction de l’ARS et du gouvernement, concernant la sauvegarde de l’hôpital de Melun et que nous sommes membres du comité de soutien «Pour la survie du service public de la radiothérapie de l’hôpital de Lagny-Marne-la-Vallée».

De façon générale, nous demandons :

L’arrêt du transfert des activités hospitalières les plus rentables vers le secteur privé.

La prise en compte des revendications légitimes du personnel quant aux atteintes portées à leurs conditions salariales (à Meaux, suppression des primes de nuit, suppression des journées de RTT, etc.).

Concernant l’hôpital de Melun, depuis plus de dix ans, la question de sa reconstruction est posée. En 2004, le gouvernement et l’ « Agence Régionale d’Hospitalisation », devenue aujourd’hui « Agence Régionale de Santé » (ARS) ont  imposé comme cadre de travail et de réflexion à la direction de l’hôpital et aux élus un projet d’établissement public / privé. Ce mariage forcé du service public et du privé à but lucratif a entraîné de tels retards que le projet même de reconstruction de l’hôpital est aujourd’hui menacé. Les travaux auraient dû commencer dès le mois d’octobre dernier mais le futur établissement n’est toujours pas inscrit au Plan Hôpital 2012. Et l’application de la loi Bachelot « Hôpital, patients, santé et territoires » va accentuer les difficultés en rendant encore plus difficile la réalisation du projet par un appui accru au secteur privé à but lucratif qui complique la réalisation d’un tel programme.

Au vu de la gravité et de l’urgence de la situation, nous lançons un appel à l’ARS et au gouvernement afin que soit rétablie immédiatement la sécurité sanitaire sur ce territoire et que soit enfin lancée la construction du futur hôpital.

Nous demandons donc :

La réouverture immédiate du bloc chirurgical de nuit. Le protocole mis en place pour palier cette fermeture, avec l’hôpital de Montereau et le bloc opératoire de la maternité de Melun ne répond pas aux besoins de service d’urgences sur les territoires des agglomérations de Melun/Val-de-Seine, de Sénart et de leurs environs. Les inquiétudes sanitaires soulevées par le personnel de santé de l’hôpital public de Melun se sont révélées malheureusement fondées. Il y a donc nécessité de rouvrir les urgences chirurgicales la nuit.

La clarification du projet du nouvel hôpital, notamment en ce qui concerne le partenariat public/privé, en associant les citoyens et les élus à la définition des objectifs de service public des différentes composantes de ce nouvel établissement.

Concernant l’avenir du service public de radiothérapie, nous dénonçons la volonté de l’ARS de vouloir fermer le service de l’Hôpital de Lagny tout comme celui du Centre de Forcilles, institution privée à but non lucratif, alors que ces deux services font quotidiennement la démonstration de leurs grandes qualités.

Dans ce contexte, nous nous engageons également dans l’action pour :

  • obtenir la garantie d’avoir à Jossigny un hôpital public de plein exercice ;
  • préserver sur le site actuel de l’hôpital de Lagny, en annexe, un pôle public de santé ;
  • déterminer les équipements sanitaires complémentaires, afin d’assurer le maillage de l’ensemble du bassin de santé concerné.

Nous soutenons également la demande de la tenue d’une conférence territoriale, en dynamique avec l’initiative du Conseil régional d’Île-de-France d’organiser des Assises régionales de la santé, proposées de façon citoyenne dans chacun des huit départements avec l’ensemble des acteurs (professionnels de santé, usagers, syndicats, élus).

Et réclamons à Claude Évin, directeur de l’ARS d’Île-de-France, un moratoire sur toute décision de restructuration tant que les conférences de territoire devant participer à l’élaboration du PRS (projet régional de santé) n’ont pas abouti, et pour tenir compte de l’avis des collectivités sollicitées (communes, départements, Région).